Vendre ses bijoux en or anciens : ne les bradez pas au poids

Le réflexe qui coûte cher : le rachat au poids
Les comptoirs d'achat d'or appliquent le cours du métal, déduction faite de leur marge : une bague ancienne y vaut son poids, rien de plus. Or un bijou d'époque — monture travaillée, pierres fines, signature — se négocie sur un autre marché, celui des bijoux de collection, où les prix n'ont rien à voir.
Avant tout passage au comptoir, faites examiner le lot par un professionnel des objets anciens. La différence se compte souvent en multiples, pas en pourcentages.
Poinçons et signatures : les indices à chercher
La tête d'aigle poinçonne l'or 18 carats en France ; le hibou marque l'or d'importation. À la loupe, cherchez aussi les poinçons de maître (un losange avec initiales) et les signatures gravées à l'intérieur des anneaux ou au revers des broches : certaines maisons de la place Vendôme transforment un bijou en pièce de collection.
Les bijoux des années 1900 à 1970 — Art nouveau, Art déco, créations des années 50 — sont particulièrement recherchés, même avec des pierres modestes : c'est le dessin qui fait le prix.
Ne démontez rien, ne fondez rien
Faire fondre une chevalière « pour récupérer l'or », dessertir des pierres, séparer une parure : autant de gestes irréversibles qui détruisent la valeur de collection. Vendez les pièces telles quelles, dans leurs écrins d'origine si vous les avez — l'écrin signé participe au prix.
Comment se passe une vente sérieuse
Un professionnel examine et pèse devant vous, distingue ce qui relève du bijou de collection et ce qui relève du métal précieux, et vous détaille son offre poste par poste. Le règlement est comptant, avec un reçu — et vous restez libre de refuser.
Pour un lot hérité, l'examen à domicile évite de transporter des valeurs : c'est aussi l'occasion de faire regarder l'argenterie et les montres qui dorment dans le même tiroir.